lundi 5 décembre 2011

Roger Salengro, la gauche, la démocratie, les affaires et le populisme

Je débattais joyeusement sur Wéo le 16 novembre dernier avec de jeunes représentants du cartel UMPS lillois pour commenter un documentaire sur la vie de Roger Salengro, patriote de gauche, à l'initiative sous le Front Populaire d'une loi instaurant la préférence nationale pour l'emploi des travailleurs français. A l'époque, en 1932, on considérait qu'avec 300 000 chômeurs (seulement !) la France n'avait sûrement pas besoin de travailleurs étrangers sur son sol. C'est également la gauche qui a abrogé cette loi, ayant abandonné la défense des ouvriers et plus largement des travailleurs français au profit d'une immigration de peuplement toujours plus massive dont les sources intarissables allaient les alimenter d'un nouveau réservoir électoral. La gauche française actuelle (mais en cela tout à fait conforme à la droite) est à des années-lumière d'envisager aujourd'hui de revenir à ces mesures de bon sens. Rappelons leur alors les paroles de Léon Blum qui déclarait dans Le Populaire à l’occasion du vote de la loi Salengro sur la préférence nationale : « En temps de crise pour prévenir les conflits entre chômeurs français et travailleurs étrangers, toute immigration supplémentaire doit être suspendue. » A bon entendeur !


Avec une certaine délectation, j'entendais Antoine Thérain du MJS déplorer le manque de démocratie, osant, comble de la tartuferie, donner l'exemple du référendum de 2005 sur la constitution européenne, rejeté par les Français alors que l'UMP avec le PS se sont assis sur cette décision en ratifiant le traité de Lisbonne dans les salons feutrés de Versailles.
A les entendre, les nouveaux enjeux démocratiques seraient aujourd'hui dans la démocratie participative et les conseils municipaux des enfants. Pas la démocratie directe, celle qui permet aux gens de prendre directement des décisions dans les affaires publiques. Non, non. La démocratie PAR-TI-CI-PA-TI-VE, ce gadget au coût exorbitant et au résultat indigent, qui permet de donner l'illusion que les gens (un panel de quelques individus sélectionnés) sont impliqués et ont du poids dans les décisions. Pendant ce temps, trois quarts des nouveaux textes législatifs sont la retranscription dans le droit français des directives européennes, les agences de notation dictent aux Etats leur politique budgétaire et des millions de Français ne sont pas représentés à l'Assemblée Nationale à cause d'un système majoritaire inique. Cette pseudo démocratie participative et ces mesures gadgets comme le conseil des jeunes ne sont que de misérables cache-sexe pour dissimuler le fait que le peuple a été dépossédé de tout pouvoir.

Sur les récentes affaires de corruption et de mœurs, on notera l'agacement puis l'indignation de Thérain au sujet des méthodes populistes de votre dévoué serviteur à l'évocation des cas Dalongeville à Hénin-Beaumont, Guérini dans les Bouches-du-Rhônes et Strauss-Khan au Carlton de Lille. Souvent d'ailleurs, qui se fait traiter de populiste l'est presque toujours par des populophobes qui méprisent le peuple. Désolé Antoine, le peuple moi j'aime ça, et si populiste cela consiste à être du côté du peuple quand il se fait triquer pendant que l'hyperclasse se gave, alors oui, je suis populiste sans problème :-).
Je remarque et confesse que cette saillie à l'encontre de mon voisin socialiste m'a privé dans les délais contraints d'une émission télé d'honorer dans les mêmes termes et avec autant de sévérité notre compagnon de la majorité présidentielle alors que le catalogue des affaires éclaboussant le pouvoir sarkozyste serait long et croustillant à feuilleter. Faute avouée, je promets de me rattraper la prochaine fois.