jeudi 25 août 2011

Le PS veut-il virer les pauvres des universités ?

La fondation Terra Nova, Think tank du Parti socialiste, a dernièrement émis dans ses recommandations la hausse significative des droits d’inscriptions dans les universités pour, dit-elle, remédier au sous-financement chronique des établissements.

Cette mesure, si elle était appliquée, renforcerait une inégalité dans la sociologie des étudiants, privant les plus modestes de l’entrée dans les études supérieures. Pour les étudiants issus des familles à faibles revenus, à qui l’accès aux grandes écoles privées étaient déjà rendu impossible, faute de pouvoir honorer les frais de scolarité, seraient à présent mis en difficulté pour intégrer l’université publique.

Cette proposition, de la part d’intellectuels se définissant comme « progressistes », organise par des moyens détournés une véritable régression sociale. Cette préconisation de Terra Nova a au moins le mérite d’illustrer la phase terminale de boboïsation d’une gauche qui a intégré tous les codes de la société libérale en remplaçant le mérite républicain par une nouvelle sélection censitaire.

Le Front national de la jeunesse estime quant à lui que l’argent ne doit pas être un frein à l’entrée dans les études supérieures. Il considère plutôt que les compétences et les aptitudes priment sur les ressources. Si une sélection doit être instaurée à l’entrée dans les universités, elle doit se faire sur la base du mérite. Le FNJ remarque au passage l’hypocrisie du PS qui, via l’UNEF, refuse mordicus toute sélection à l’entrée des universités mais qui, par Terra Nova, prépare la sélection par l’argent.

Le Front national de la jeunesse, loin d’être en désaccord sur le diagnostic d’un malaise de l’université, rappelle qu’il milite pour que des solutions structurelles soient trouvées et non pour que des rustines soient apposées là où le système prend l’eau. Ainsi, le FNJ rappelle que les maux de l’université prennent leur source dans une absence de sélection mais aussi dans la massification de l’enseignement supérieur, à mettre en lien avec la généralisation de l’obtention du baccalauréat. Autre problème qu’il faut également rattacher au dogme du collège unique. Bref, c’est l’ensemble de notre système d’instruction publique qu’il faut revoir !

Nicolas Reynès

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